En tant que fan absolu de Buffy The Vampire Slayer, l'annonce de la poursuite de la série de façon "officielle" (c'est-à-dire en partie supervisée par Joss Whedon) en comic-book m'a fait passer par pas mal de réactions. D'abord, j'étais impatient de voir ça, c'était le côté fanboy ayant un orgasme dès que sa série préférée revient dans l'actualité. Après j'ai repensé à ce que Whedon avait déjà fait en comic-books, et mon impatience s'est émoussée, car ses travaux sur ce média ont toujours été au mieux un peu bancals. Mais j'avais aussi toujours pensé que Buffy était parfaite pour ce support, la série puisant une grande partie de son inspiration et de son style dans les comics de toute manière.(Re-) Mais. Buffy sans son cast, c'est pas vraiment Buffy.


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En contrepartie, il y a des hélicoptères.


Bref, j'en étais à peu près là quand le premier numéro est sorti. Et ce numéro m'avait laissé... froid. Pas génial. Pas vraiment mauvais non plus. Mais surtout, pas excité à l'idée de lire la suite. Du coup j'ai laissé passé le deuxième numéro, me disant que j'allais de toutes façons attendre les recueils (ce que je fais d'habitude). Et puis j'ai aussi laissé passer le premier recueil, me disant que je l'achèterais plus tard. Et puis le second est sorti, et encore un, etc.

Il faut dire qu'en plus du désintérêt total que le premier numéro m'avait inspiré. Certaines critiques avaient commencées à apparaître sur le net, et elles me donnaient encore moins envie de continuer. Il semblait que Whedon avait un peu pété les plombs et faisait nawak, du genre bigger and louder maintenant qu'il n'avait plus à se soucier du prix des effets spéciaux. Et comme ça collait avec l'arrivée de Dollhouse à la télé (qui, rappelons-le, n'est tout de même pas une série très glorieuse), j'avais déjà ma dose de Whedon en difficultés.


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Mais Dollhouse savait parfois compenser pour ses défauts.


Mais bon, ça reste Buffy, et il était évident que j'allais m'y mettre un jour ou l'autre.
Donc j'ai lu les deux premiers TPB de cette huitième saison. Et ce n'est pour l'instant ni révoltant, ni ridicule. C'est juste à l'image du premier numéro; vite oublié.
Déjà, niveau dessin c'est pas très beau. Et puis j'ai toujours du mal avec les adaptations en comics de films ou séries, car on a les visages des acteurs(rices) en tête, et ça passe rarement en dessin. Ici, ils sont arrivés à des trucs classes sur certaines covers, mais dans le comic, principalement illustré par Georges Jeanty, les tronches ressemblent à rien. Je pense qu'ils auraient du s'orienter vers un style un peu plus "cartoony", ça passerait mieux.


Pour le scénario, ça reprend peu après la fin de la septième saison. Avec toutes les potentielles ayant acquis les pouvoirs de la Tueuse, et l'organisation de tout ça avec Buffy en leader (et Xander en Nick Fury, enfin d'apparence en tout cas). Les éléments mis en place dans le premier volume (un nouveau méchant qui se cache, le retour d'Amy et Warren, ainsi que de l'Initiative, Dawn transformée en géante (oui, WTF?!, je sais)) méritent l'intérêt, mais pourtant ça me laisse froid. Le format peine à retrouver l'essence des personnages, le rythme est un poil bancal, et on sent que l'intrigue peut vite finir en queue de poisson. Le meilleur numéro de ce volume est le dernier, un stand-alone s'intéressant à l'une des Tueuses en particulier, devant se faire passer pour Buffy, et combattant sous la surface, là où vivent fées et autres créatures.
Du coup, je constate que la meilleure histoire est celle ne faisant intervenir aucun personnage que l'on connaît. Comme quoi une exploration du Buffyverse en comics peut en effet être intéressante, mais pas forcément sous la forme d'une suite directe à la série.

Le deuxième volume est déjà un peu mieux structuré. On s''y intéresse à Faith (avec un peu de Giles), les thématiques sont clairement exposées, et les enjeux plus tangibles. Le problème c'est que ça fait beaucoup redite avec les arcs de Faith dans la série, on en revient à sa relation d'amour/haine avec Buffy, et ce, avec aucune originalité. C'est encore la même rengaine, à base de jalousie des deux côtés, du Maire en figure paternelle de Faith, et de choix existentiels. Alors oui, c'est fait de manière efficace, mais ça ne rend pas le contenu fascinant pour autant.


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Die me dichotomy ?



Donc au final, pas grand chose à tirer de ces deux premiers volumes. Je ne suis pas assez intéressé pour acheter la suite à l'instant, mais je ne suis pas non plus suffisamment rebuté pour ne jamais la lire. Le plus gros défaut pour l'instant est peut-être de ternir un poil une fin de série qui était parfaite sur tous les points.
Et j'espère juste que quand ça deviendra trop nawak, ce sera au moins rigolo.