Quand j'ai décidé d'ouvrir un blog (pour la seconde fois), ce n'était réellement pas pour y raconter ma vie. Je crois même que je m'étais excusé dans l'un de mes premiers billets, si jamais cela arrivait.
Et c'est probablement arrivé. De manière filigrane. Sournoise. Peut-être même sans que je m'en rende compte.
Dans tous les cas, je m'excuse d'autant plus que ce billet est principalement à propos de moi. Et qu'il sera probablement assez confus, et pas vraiment intéressant.


Ces fêtes de fin d'année ont été un peu étranges. Mon Noël était supposé se passer dans un calme plat. Pas de fête, pas d'invitation, rien. Sauf que quelques jours avant le 25, j'apprends qu'une partie de ma famille fait un repas de Noël. La famille du côté de ma mère, je précise, mes parents sont divorcés. Cette invitation, bizarrement, je l'espérais. Les repas de famille, je les ai évités pendant des années, je n'y suis retourné que depuis peu. Et bien qu'il soient souvent très chiants et que ces personnes me sont souvent plus étrangère que certains potes que je ne connais que depuis une poignée d'années, je me suis rendu compte que j'appréciais ces réunions. J'ai toujours considéré mes amis les plus proches comme des membres de ma famille. Mais contrairement à ce que j'ai cru pendant longtemps, cela n'efface apparemment pas les liens génétiques. Et par "génétiques", je veux dire les personnes qu'on a connu tout petits, et avec qui l'on partageaient déjà des repas un peu chiants, mais pourtant chaleureux. Bref, tout ça pour dire que je me suis rendu compte que la famille est très importante à mes yeux, que ce soit celle avec laquelle je suis né, ou celle que j'ai recréée.

Puis, la veille du réveillon, j'apprends que mon père doit rentrer à l'hôpital. Et pas juste pour un petit truc. Je commence bien évidemment à sérieusement stresser. Puis, un autre membre de ma famille me passe un coup de fil, et au lieu de me rassurer (je croyais bêtement que c'était ce qu'il se passait dans ce genre de configuration), il me dit de me préparer au pire. Résultat, je passe les 72 heures suivantes dans un état second. Mes insomnies, qui étaient déjà bien présentes depuis quelques jours, atteignent un pic dramatique. Le repas de Noël (avec la famille de ma mère, donc) est appréciable, ce qui me fait sentir coupable, vu que mon père est à l'hosto, et que je dois apparemment "me préparer au pire". C'est comme si j'avais deux personnalités pendant un moment. Je ne peux pas voir mon père car il est à l'autre bout de la France, et je n'ose pas appeler un autre membre de ma famille vu comment le dernier m'a fait flipper. Donc, à la place je participe à des repas en prétendant que tout va bien.
Puis le 26, j'ai enfin des nouvelles. Elles sont plutôt bonnes. Les dangers de mort imminente son écartées. Puis 3 jours après, j'ai encore de meilleures nouvelles. Le traitement sous perfusion s'est révélé encore plus efficace que prévu, et mon père peut sortir de l'hosto. Il y aura d'autres interventions dans les mois qui viennent, mais on peut souffler. Ce qui me permet d'arrête de culpabiliser, et de réellement tenter d'apprécier ces fêtes de fin d'année. Oui, je suis incroyablement égocentrique.

Après l'invation au repas de Noël, une autre bonne nouvelle a débarquée. L'un de mes meilleurs amis était de retour dans la région pour les vacances, avec sa copine.. Un retour inattendu, et que j'ai presque appris pas hasard (le hasard étant la mère de Gclems, si vous lisez les commentaires de ce blog, vous savez qui il est, sinon, shame on you). Bref, cette nouvelle a soudain doublé le nombre de participants à ma fête de fin d'année. Car oui, à la base c'était juste un plan à deux, et même pas à base de sexe. Le pathétisme est un art.

Donc le réveillon de fin d'année s'est déroulé à 4. Rien de grandiloquent. La présence féminine s'est retrouvée torchée juste avec mon punch d'apéro. Il y a eu du karaoké, des vannes racistes et sexistes, des naissances de private jokes... dans l'ensemble c'était plutôt sympa. Il manquait un membre de ma "famille recréée" pour que ce soit parfait mais c'était bien. Je dirais bien à quel point j'aime mes amis, mais ce billet est assez gerbant d'émotions comme ça. Du coup, disons qu'il manquait surtout la coke et les putes. La soirée s'est écourtée assez vite, mais en même temps je n'aurais pas tenu beaucoup plus longtemps, vu les insomnies que j'avais (encore) dans les jambes. Je regrette juste un peu de ne pas m'être pris la murge de l'année (laquelle ?).
Le lendemain était marrant, avec un salon envahi par les verres et bouteilles vides, la nappe déchirée, des confettis absolument partout... J'appréciais tellement l'ambiance que j'ai à peine nettoyé. J'ai encore essayé de me bourrer la gueule en ce premier janvier, mais impossible, toujours trop fatigué. Je n'y suis arrivé que le lendemain, avec beaucoup de bourbon, un ami très en forme car il dort 4 heures de plus que moi par nuit, et des médicaments car ma gorge est remplie de rasoirs.

Et on en arrive à maintenant. Moi, en train d'écrire ce billet. Je dois avouer que c'est en partie la faute d'Amanda Palmer. Car en plus d'être une incroyable musicienne, elle est une blogueuse de grand talent. Et elle a écrit un article en ce début d'année. C'est à propos de son mariage avec Neil Gaiman. Vous pouvez le trouver ici: http://blog.amandapalmer.net/post/15120706154/the-wedding-blog 
Ce billet  donne ses lettres  de gloire au blog façon journal intime. Car peu de gens ont le talent de Palmer pour raconter leur vie. Amanda Fucking Palmer redonne confiance en l'humanité. Sur le net !!! Et c'est en partie ce qui m'a poussé à écrire ce billet.
Je sais que je n'ai pas le talent de conteur que le couple Palmer/Gaiman possède. Mais dorénavant, je sais aussi qu'on peut parler de soi tout en parlant aux autres. J'ai écrit ce billet car j'avais besoin de partager certaines choses ici. Et ce n'est en fait pas très différent de ce que je fais dans mes autres articles, juste avec les filtres de la critique et/ou de la fiction en moins. Mais le principe de partage reste le même. Bien que mon cynisme me force à voir le net comme un endroit d'exposition plus que de partage. Et pourtant le 24 décembre, c'est grâce au net que j'ai pu choper l'épisode Christmas Special de Doctor Who, parlant d'une mère ne sachant pas comment annoncer à ses enfant que leur père est décédé. C'est aussi grâce au net que je suis tombé sur des vidéos de Craig Ferguson faisant les plus sincères éloges possibles à ses parents décédés.
Moi, mon père est vivant.
Et 2012 s'annonce exactement comme je le pensais. Juste en un peu plus extrême.

Difficile, mais plein de possibilités.



Je vous souhaite une année intéressante à tous.